Journey to the past - Part 1 (Détective Conan)
- emievarentz
- 31 juil. 2024
- 21 min de lecture
Dernière mise à jour : 31 oct. 2024
Hello Everyone !!
Je vous propose mon premier two-shot, inspirer de l'univers de « Detective Conan ». J'aime énormément cet univers et je voulais écrire dessus. Donc, je vous propose cette histoire en deux parties. Voici le résumer de ce Two-Shot :
« Conan a une drôle de sensation. Quelqu'un l’épi et l'observe. Cette personne a une étrange ressemblance avec Ran Mouri, son amour de toujours. Malgré son sens aigu de la déduction, il n'aurait jamais pu imaginer faire face à son futur. Un futur sombre, sans bonheur et la moindre saveur. Cependant, celui-ci regorge de possibilité. Shinichi saura-t-il faire les bons choix pour changer son Sad-ending en Happy-ending ? »
Voilà, je vous laisse lire 'Journey to the past" et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires ! ;)
Bonne lecture,
Emie <3

Le son des sirènes des voitures de police s'éloigne sur la route. Conan soupire sous les remarques vantardes du détective Mouri. Il secoue sa tête d'enfant en fixant les véhicules qui amènent le coupable au commissariat. Encore, une affaire conclue pour le jeune Sherlock Holmes du 21e siècle. Bien que les honneurs en reviennent à un autre, il éprouve la satisfaction de pouvoir exposer la seule et unique vérité sur l'affaire en question.
L'enfant n'écoute que d'une oreille les reproches de Ran envers son géniteur. Il est habitué à cette atmosphère lorsqu'il est temps de rentrer chez eux.
Il s'apprête à les suivre jusqu'au véhicule de location, les mains dans les poches et ses pensées camouflées derrière sa paire de lunettes. Mais avant qu'il ne puisse franchir la route pour rejoindre le trottoir d'en face, une étrange impression lui procure un frisson le long de sa colonne vertébrale. Ses prunelles bleues s'écarquillent. Ses sourcils se froncent. Quelque chose l'intrigue et l'observe. L'ancien lycéen-détective s'immobilise, restant sur le qui-vive.
Il a appris à faire preuve de méfiance envers ce qui l'entoure, bien malgré lui. Depuis qu'on l'a forcé à ingurgiter ce poison qui l'a fait retrouver le physique de ses 7 ans, et qu'il poursuit secrètement l'organisation qui est responsable de sa transformation, son corps réagit inconsciemment à la moindre anomalie. Cet instant en est le parfait exemple. Comme aux ralentis, Conan détourne sa tête pour examiner le propriétaire de ce regard qui pèse sur ses épaules.
Son visage enfantin exprime un sérieux inhabituel pour son âge. Mais sur le moment, cela lui importe peu. Ses iris fixent l'individu qui le scrute depuis une ruelle sur sa gauche. À travers la foule de passants, il arrive à distinguer quelque chose.
Cette personne porte un long manteau noir jusqu'à ses genoux et la capuche est rabattue sur sa tête. Celle-ci est suffisamment large pour ne pas lui permettre de contempler ses traits. L'inconnu a les mains dans les poches. Conan n'a aucun moyen de distinguer s'il s'agit d'un homme ou d'une femme.
Son Jean et ses baskets pourraient appartenir aux deux sexes et le manteau est trop large pour laisser transparaître les formes de ce corps. Toutefois, celui-ci lui paraît mince et pas très grand, environ 1m60. Mais c'est la description de beaucoup de corps japonais, qui culturellement parlant, n'ont jamais été très grands et enveloppés.
L'allure froide et sans émotion de cet individu fait grincer des dents l'enfant. Qui était-il ? Que lui veut-il ? Conan se met à frémir d'effroi. Était-ce un membre de l'organisation ? Ces derniers, le suspectent-ils ?
Le jeune détective effectue quelques pas en arrière avant de fermer les yeux. Il secoue sa tête alors que d'innombrables théories viennent se mélanger dans son esprit. Puis, il respire un bon coup afin de regagner son sang-froid. Mais lorsqu'il jette un nouveau coup d'œil vers l'inconnu, celui-ci a mystérieusement disparu. Ses paupières paillonnent. Avait-il rêvé ?
- CONAN-KUN ! ON RENTRE À LA MAISON !
Le cri de Ran réveille l'élève de primaire. Il se concentre sur l'adolescente qui l'attend contre la voiture de son paternel. Ce dernier est déjà au volant, prêt à partir. Il ravale sa salive et éclaircit sa gorge pour lui répondre.
- OUI J'ARRIVE, RAN-NEECHAN !
Conan reste silencieux. Cela fait une semaine que l'enquête est terminée et qu'il garde pour lui ces doutes. Il serre entre ses doigts l'un des sachets de courses, perdu dans ses pensées. Ran l'observe, inquiète de le voir ni sourire ni parler avec entrain comme à son habitude. L'adolescente effectue une pression contre la paume de l'enfant, tandis que son autre main transporte l'autre partie des courses.
Son geste fit lever les yeux du jeune détective. Le cœur battant d'être découvert, l'élève de primaire arbore une expression naïve et enfantine en penchant la tête sur le côté.
- Qui a-t-il Ran-neechan ?
- Oh, c'est plutôt à moi de te poser cette question. Je te trouve très soucieux. Que t'arrive-t-il aujourd'hui ?
- Oh, ce n’est rien ! Un mauvais devoir à l'école. Bafouille-t-il, le regard fuyant.
- Ce n'est pas ton genre pourtant d'avoir de mauvaises notes.
- C'est sur un exposé que je dois faire avec Genta-kun. Mais il passe son temps à dessiner de la nourriture !
- Ahahah ! Je vois.
Les ricanements de l'adolescente rassurent les pensées tourmentées de Shinichi. Il arbore un sourire de façade avant de plonger à nouveau dans le cours de ses réflexions. Il sent toujours le poids de cet étrange regard sur ses épaules. Cette présence constante autour de lui qui se volatilise au moment où il cherche des réponses. Il suit la lycéenne, montant les escaliers derrière elle jusqu'au bureau de l'agence Mouri. L'enfant fut sorti brusquement de ses songes par les cris enjoués de Sonoko.
La meilleure amie de Ran trottine jusqu'à eux. Conan ferme la porte d'entrée grimaçant aux cris de l'adolescente. L'extravagance de cette dernière, la toujours un peu dérangée. L'enfant prend soin de déposer les courses sur la table basse face aux canapés pendant que Sonoko s'esclaffe dans ses explications.
- Oh Ran ! Je t'attendais !
- Qu'est-ce qu'il se passe Sonoko ?
- Elle est tout excitée parce qu'elle vient nous proposer de l'accompagner à une fête d'anniversaire. Intervient Kogoro, d'un air las en gardant un œil sur le contenu de son journal.
- Une fête d'anniversaire ? Répète Ran, surprise.
- Oh ! Vous auriez pu me laisser annoncer la nouvelle !
- À quoi bon ? Il n'y a rien d'exceptionnel.
- Rien d'exceptionnel ? Vous êtes sûr ? Se renfrogne l'adolescente, elle poursuit en soupirant. C'est une fête pour un nouveau centenaire à Okinawa. Il s'agit du dirigeant de l'entreprise Shinohara.
- Oh, je vois. Et tu y es invité parce que c'est un partenaire commercial de ton père ?
- Exactement. Mais je pensais que Conan, ton père et toi pouvez m'accompagner ! Ça me paraîtra moins ennuyeux.
- Dis-moi Sonoko-neechan, de quelle entreprise, il s'agit ? Questionne Conan.
- Je crois que mon père a parlé d'une compagnie qui valorise la recherche scientifique.
L'enfant déglutit face à cette révélation. Et si celle-ci était liée à l'organisation ? Éventuellement, trouverait-il également des indices sur cette étrange présence autour de lui en supposant que les deux soient liés. Il doit en avoir le cœur net. Conan affiche un sourire mutin pour convaincre son auditoire.
- Woh ! Ça doit être génial ! Dis Ran-neechan, on va y aller n'est-ce pas ?
- Et bien...
- Il en est hors de question ! intervient Kogoro, d'un calme olympien.
- Quoi ? s'écrivent les deux adolescentes.
- Moi vivant, je ne vais pas aller sur une île japonaise où la population est plus vieille que la moyenne.
- Oh dommage... Moi qui aurais pensé que tu voudrais connaître leur secret pour vivre plus longtemps !! Ça serait chouette que le grand détective que tu es, puisse vivre aussi longtemps, non ? Roucoule Conan, pour le convaincre.
- C'est vrai gamin... ''l'immortel Kogoro Mouri'' ça sonne bien !!
Bercé par ses rêves, le détective fut convaincu. Il n'en faut généralement pas plus pour le persuader de venir. L'enfant en a conscience et il joue de ce défaut pour l'emmener là où il le souhaite.
Une légère brise caresse l'île, remplissant les poumons de ses habitants. La chaleur peut paraître étouffante, même en ce printemps. Les rues fleuries égayent les cœurs des visiteurs, toujours aussi nombreux à vouloir profiter de ce coin de paradis. Ran observe le jardin tailler à la Française de cette immense propriété. Elle fixe la vue éblouissante que lui offre cette bâtisse construite au sommet d'une des collines.
Elle ne se préoccupe pas de son amie Sonoko qui est occupée à contempler les éventuels jeunes hommes qui l'intéressent. L'adolescente soupire, frustrée de n’éveiller l'attention d'aucun d'entre eux. Elle coule un coup d'œil à Kogoro qui profite du buffet à volonté, ses joues déjà rougies par plusieurs verres d'alcool. La réception et les discussions battent leur plein dans ce paysage idyllique au cœur des jardins de la propriété du PDG de Shinohara.
Le vieil homme s'avance vers le détective si réputé qui lui fait l'honneur de sa présence. Un verre de jus de fruit à la main, Conan prit le temps d'écouter d'une oreille leur discussion tout en dévisageant l'assembler. Peut-être que parmi eux se cache la personne qu'il convoite. Le centenaire s'arrête à la hauteur de son invité alors que celui-ci ravale une énième bouchée de petit four.
- Oh, vous êtes bien le célèbre Kogoro l'endormi ?
- Oui, lui-même. Répond-il en avalant.
- Oh, je suis si heureux de vous rencontrer. Je vous remercie de l'honneur que vous me faites à apparaître à ma réception.
- Je suppose que vous êtes Monsieur Hiromu Shinohara ?
- Tout à fait.
- Joyeux anniversaire ! sourit-il, mal à l'aise.
- Je vous remercie. Sourit-il à son tour, il poursuit en se tournant vers les personnes qui l'accompagnent. Je vous présente mes deux fils, Ayato et Naoki.
- Enchantée !
- Nous de mêmes. Ma fille est une grande fan de vos exploits et de vos déductions. S'enthousiasme Ayato.
Conan laisse de côté son observation pour prendre le temps de couler un regard vers ses nouveaux arrivants. Les deux frères se ressemblent beaucoup et ont le même visage que leur paternel. Cependant, Ayato à des cheveux bruns grisonnant sur les côtés coupés court. Tandis que son aînée a les cheveux gris mi-longs tombant le long de sa nuque. Deux femmes de leur génération sont à leur côté.
L'enfant devine qu'il s'agit de leurs femmes. Celle au côté d'Ayato répond au nom de Masae. Elle est une femme d'âge mure fort enjouée, petite et menue. Tout le contraire de l'autre belle-fille, Waka qui est la compagne de Naoki. Attiré par les récits et les rires autour de Kogoro, le groupe est aussi rejoint par Ran et Sonoko. Le détective se tourne vers sa descendance avec une fierté mal dissimulée.
- Je vous présente ma fille Ran Mouri, son amie Sonoko. C'est grâce à elle que nous sommes ici. Énumère Kogoro, il poursuit en provoquant un coup d'œil répréhensible à l'enfant. Et puis Conan, le pic assiette !!
- Papa !! La réprimande Ran.
- Oh, ça va.
Son ton faussement râleur fait sourire son auditoire. Conan réprime une réflexion mal placée pour éviter de susciter l'attention vers lui. Mais le tempérament naturel de Shinichi n'en pense pas moins. Des cris de joie féminins coupent l'élan des conversations.
Les regards se tournent vers une femme trentenaire.
Ses cheveux auburn sont coupés en un carré plongeant. Son ventre rond prouve qu'elle porte la vie en elle. Ses mains sont jointes contre sa poitrine, accordant un regard pétillant au célèbre détective.
- Oh ! Je suis si ravie de vous rencontrer ici ! S'écrit-elle.
- Oh Aino !! sourit Ayato, il poursuit en se tournant vers le détective. Voici ma fille, dont je viens de vous parler.
Son enthousiasme débordant désarçonne quelque peu Kogoro. Cependant, cette femme dans la trentaine lui plaît et il se laisse volontiers admirer. Il lui signe un autographe, alors qu'un jeune homme arrive à ses côtés. Conan s'accorde le temps de le dévisager. Ses cheveux auburn sont coupés en brosses. Aïno se tourne vers lui en brandissant l'autographe sous son nez.
- Oh Teru ! Regarde ce que j'ai pu avoir ! C'est extraordinaire !
- Tu ne devrais pas t'exciter autant, cousines, ce n'est pas bon pour le bébé.
- Mais ce n'est pas tous les jours que je peux rencontrer le célèbre Kogoro l'endormi !
- Oh, c'est donc ça. Soupire-t-il, il poursuit conservant un air solennel. Je vous prie d'excuser ma cousine, Monsieur Mouri. Les hormones et l’arrivée de l'accouchement ont tendance à lui faire perdre le sens des bonnes manières.
- Oh, ce n'est rien. Sourit-il mal à l'aise, il poursuit en remarquant le ventre rebondi de la future maman. Je vois que vous attendez un heureux événement.
- Félicitations ! sourient les deux adolescentes, enjouées.
- Je vous remercie. Malheureusement, mon mari est décédé il y a 6 mois et il n'aura pas la chance de le voir naître.
- Oh. Excusez-nous. Toutes nos condoléances. Grimace Ran, compatissante.
- Ne vous inquiétez pas. Nous essayons de faire notre possible pour l'épauler au quotidien. Interviens son cousin d'un ton rassurant, il poursuit avec sérieux. Au fait, je m'appelle Teru, je suis le petit-fils de Hiromu et le fils de Naoki.
- Enchanté.
- Oh et voici Takana. Ma fiancée.
À l'arrivée de la personne concernée, l'atmosphère change. L'air est devenu pesant. Un malaise plane autour de la famille, faisant froncer les sourcils de Conan. Les discussions tournent court, laissant pantoise la femme au côté de Teru. Elle a une dizaine d'années de plus que lui. Ses cheveux auburn sont magnifiquement coiffés en un chignon propre.
Elle souhaite faire bonne impression. Pourtant, le patriarche de la famille perd son sourire. Il se détourne de son invité, prétextant devoir saluer les autres personnes présentes.
Les autres membres de la famille s'éloignent des uns des autres, comme pour ne plus avoir Takana dans leurs champs de vision. Ran fronce les sourcils, perturbés par ce retournement de situation.
- C'est étrange.
- Pas tant que ça, en réalité. Intervient Teru, il poursuit sous les regards interrogatifs. Ils n'apprécient pas notre relation à cause de notre différence d'âge.
- Mais c'est absurde !
- Je suis d'accord. Alors vous comprenez que cette situation est pénible à vivre pour elle.
Le rictus de l'élève de primaire s'accentue sur son front. Quelque chose l'intrigue dans cette histoire. Il a l'intime conviction que quelque chose ne colle pas et qu'un secret gravit autour de cette femme. Cependant, il est incapable de mettre la main dessus. Le couple prit congé à leur tour, laissant entre eux Kogoro, Conan, Ran et Sonoko. Les discussions reprirent peu à peu leur cours normal, mettant derrière eux ces étranges impressions sur cette famille peu commune.
Puis, peu après que la montre de Conan affiche 17 h, un énorme cri vient perturber la réception. Pousser par son sixième sens, Conan accourt dans la direction du son, Kogoro, Ran et Sonoko sur ses talons. Leurs courses prennent fin au bout d'un couloir de l'étage. Ils reconnurent Masae qui tremble encore dans les bras de son mari, fixant avec crainte l'entrée de la pièce qu'ils viennent de quitter.
Ils laissent l'enfant et le détective pénétrés sur les lieux. Ceux-ci sont un bureau de travail richement orné. Cependant, ces quatre murs viennent de servir de théâtre à un meurtre. Le corps du centenaire est étalé devant le bureau, perpendiculaire au meuble. Une plaie béante recouvre sa poitrine d'une grande tache rouge sang.
Kogoro prend le pouls de la victime. Il abaisse la tête, conscient qu'il est déjà trop tard pour ce vieil homme. Il se tourne vers sa fille qui a du mal à garder son calme. Sonoko s'est cachée derrière elle, reprenant avec peine ses esprits.
- RAN APPELLE LA POLICE. VITE !
- Oui.
Le soleil décline, colorant la pièce de plusieurs nuances d'orange et de rose. Les agents poursuivent leur enquête. L'inspecteur Megure récapitule les explications qu'a pu lui fournir Kogoro Mouri. Conan écoute les idées qui se créent d'une oreille, examinant la scène malgré la colère de ses aînées. La scène du crime est marquée par les traces d'une violente dispute.
De l'encre est renversée aux pieds de la victime. Des cadres photos habituellement posées sur un buffet ont été brisés sur le sol. Cependant, il manque une pièce essentielle à ce puzzle : l'arme du crime. L'examen du corps à démontrer qu'il s'agit d'une fine et petite lame qui a transpercé le cœur de la victime. Toutefois, aucun objet de ce genre n'a pas été retrouvé jusqu'à présent. Conan fait aller ses neurones.
À en juger par l'état des lieux, le coupable a dû agir dans la précipitation. Le meurtre n'a pas été prémédité. Par conséquent, l'arme doit encore être cachée dans la pièce ou sur le meurtrier. De plus, aucune trace d'effraction n'a été commise. L'ancien détective-lycéen en déduit que le responsable doit se trouver parmi les invités.
Enfin, pour pouvoir entrer dans le bureau personnel du PDG, il doit forcément s'agir d'un proche qui connaît les lieux. L'enfant fixe tour à tour les membres de la famille. Ces derniers sont assis sur les canapés qui encadrent la cheminée du bureau dans la partie opposée à la scène. Ils attendent le verdict de la police. Takagi prend note de leurs alibis, bien que ceux-ci ne semblent pas bien ficelés.
- Expliquez-moi comment vous avez découvert le corps.
- Bien sûr. Masae et moi-même sommes venus chercher notre père pour clôturer la réception. Il était convenu qu'il souffle les bougies du gâteau. Mais lorsqu'on a toqué à son bureau, personne n'a répondu. J'ai donc ouvert la porte et c'est là que nous l'avons découvert.
- Pfff ! Qui nous prouve que ce n'est pas toi qui l'as tué ? Ricane Naoki.
- De quoi parles-tu ?
- Tu sais très bien de quoi je parle ! Après tout, c'est toi qui vas hériter de la plus grande part de l'entreprise !
- Et toi alors ? Bien qu'il t'ait laissé diriger l'entreprise à sa place après sa retraite, tu ne supportais pas qu'il mette son nez dans tes petites affaires !
- Arrêtez tous les deux ! Ce n'est pas le moment. Intervient la petite-fille.
- Tu es mal placé pour intervenir, cousine. Tu l'as toujours tenu pour responsables de l'accident de ton mari. Grimace Teru.
- C'est ridicule. C'est vrai qu'il aurait pu l'empêcher de prendre la route après cette réunion tardive. Mais il n'est pas responsable de la camionnette qui a grillé le feu rouge. J'en ai pris conscience maintenant et je ne l'ai pas pour autant menacé de mort. Se défendit la femme enceinte.
- Si je comprends bien, tout le monde a une raison d'en vouloir à la victime que ce soit pour l'argent ou sa vie professionnelle. Intervient l'inspecteur.
- Le tout est de savoir lequel d'entre vous a été jusqu'à commettre un meurtre ! Remarque Kogoro.
- QUOI ? VOUS NOUS SUSPECTEZ ! s’écrient-ils d'une même voix.
- Pour le moment, c'est la meilleure piste que nous ayons. Mais tant que nous ne retrouvons pas l'arme du crime, nous ne pouvons être sûrs de l'identité du coupable. C'est pourquoi nous allons tous vous garder sous notre surveillance le temps de l'enquête.
Shinishi approuve l'initiative de l'inspecteur. S'il en croit ses déductions, le coupable n'a pas dû mettre de gant pour réaliser son crime. Ces empreintes doivent encore s'y trouver. Cependant, où a-t-il bien pu la camoufler ?
- Conan-Kun ! Tu ne devrais pas être là ! Tu risques de gêner la police dans leur enquête !
- Oh désoler, Ran-neechan !
L'enfant soupire, lasse qu'on le mette de côté. Toutefois, il comprend les raisons et se laisse entraîner par la poigne de l'adolescente autour de son bras. Il tourne la tête vers la scène du crime une dernière fois comme pour assimiler tous les détails. Ses prunelles glissent du sol au plafond. Celles-ci s'arrêtent sur la tringle du rideau. Son regard s'écarquille. Une nouvelle pièce vient combler les trous de son puzzle. Cependant, il ne parvient pas à repérer le coupable et le mobile. Est-ce vraiment l'argent comme la police le pense ? Peut-être. Mais dans ce cas, rien ne les différentie des uns des autres. Aucun n'est plus coupable qu'un autre.
Dans le couloir, il s'arrête, faisant aller ses doigts sous son menton en guise de réflexion. Ran ferme la porte du bureau derrière eux. Conan la suit sans protester jusqu'au salon du rez-de-chaussée. Ils y retrouvent Sonoko. Celle-ci questionne son amie sur l'avancée de l'enquête. Le jeune détective ne se laisse pas distraire par les papotages des deux jeunes filles. Il s'assoit sur l'un des canapés. Le ciel s'est assombri. La nuit prend place, donnant une atmosphère plus angoissante à la propriété. La plupart des invités sont repartis, ayant vent de la tournure dramatique qu'a prise cette réception.
Ses pensées se mélangent et se multiplient sans qu'il parvienne à y mettre de l'ordre. Cette sensation se rappelle à lui. L'enfant ressent cet habituel poids sur ses épaules. Elle est synonyme que cet individu l'observe, quelque part. Conan tourne machinalement ses iris vers l'une des fenêtres. Il se lève promptement, accourant vers celle-ci.
Il met une main en visière afin de distinguer l'extérieur. Au loin, il reconnut le long manteau noir de l'inconnu. Il siffle entre ses dents. Cette personne est trop loin pour qu'il puisse l'interpeller. Ran glisse ses pupilles vers son protégé, inquiète de son changement de comportement si soudain.
- Conan-Kun ? Que se passe-t-il ?
- Oh rien. Tout va bien. J'ai cru voir quelque chose dehors. Mais c'est que l'ombre des feuilles des arbres.
Le garçonnet lui adresse un sourire rassurant. Ses prunelles se tournent à nouveau vers l'encadrement de la fenêtre. Il fixe celui-ci en fronçant les sourcils. Dans la rainure de l'ouverture, il distingue un bout de papier. Le jeune détective le prit entre ses doigts. Il fut étonné de reconnaître le morceau découpé d'une photo. Celle-ci représente la main gauche d'une femme. Un anneau habille son annulaire. Ses doigts entourent ce qui ressemble à un bouquet, celui d'une mariée.
Conan fronce un peu plus les sourcils, perdus dans ses réflexions. À quoi ça peut bien se référer ? Et que fait cette photo-là ? Il a l'intime conviction que c'est un indice dans son enquête et qu'il a déjà vu cette main quelque part.
Toutefois, il perçut le son des pas de Ran s'approchant de lui. Il cache sa trouvaille dans l'une des poches de son pantalon avant de se tourner vers l'adolescente. Elle dépose une main sur son épaule en lui souriant chaleureusement. Ce même sourire qui a le don de faire bondir le cœur de Shinichi.
- Ne t'inquiète pas. Je suis sûr que papa saura résoudre cette affaire !
- Oui, tu as raison.
L'enfant fixe un instant la main de Ran sur son épaule. Il camoufle sa surprise en comprenant le sens de ce morceau de photo. Bien que celui-ci entraîne un nombre incalculable de questions. Cela n'est pas sa priorité première. Il a la solution de l'énigme. Il connaît l'identité du coupable. Conan sourit à la jeune fille avant d'accourir à l'étage. Ran crie son prénom comme pour le retenir. Mais rien n’y fait.
Conan disparait dans le couloir de l'étage. Il accourt jusqu'au bureau où est encore toute l'équipe de police. Kogoro garde un air sérieux bien que la situation semble le dépasser. Comme pour conclure ses réflexions, la fléchette anesthésiante de l'ancien détective-lycéen frappe sur sa nuque.
Mouri se laisse tomber sur un fauteuil non loin de là où il se trouvait. Il fait face aux canapés où sont installés les suspects. Megure se tourne vers le détective, sans savoir que Conan s'est caché derrière le dossier. Ce dernier sort son nœud papillon afin de prendre la voix de son porte-parole.
- Oh Mouri ! Ça y est, il s'est endormi ! s'enthousiasme Takagi.
- Vous connaissez le coupable ?
- Oui inspecteur.
- Qui aurait cru que j'allais assister aux célèbres détections de Kogoro l'endormi. Sourit Aino.
- Alors, dites-nous qui c'est ! Grogne Megure, impatient.
- Avant tout, je vais vous demander de vérifier quelque chose.
- Laquelle ?
- Takagi, pouvez-vous aller regarder l'intérieur de la tringle de rideau ?
- Oui, bien sûr.
Sans réellement comprendre le sens de sa mission, l'agent s'exécute. À l'aide d'un escabeau, il dévisse l'embout. Derrière celui-ci, Takagi découvre ce qu'il cherche depuis le début de l'enquête. Megure interroge du regard son employée. Il lui montre l'arme du crime, la brandissant entre ses gants blancs, pour toute réponse. Celle-ci est un coupe à papier recouvert de sang.
- Quoi ? L'arme du crime est un coupe-papier ?
- En effet. Voilà comment je vois les choses : le meurtrier est arrivé dans le bureau de monsieur Shinohara dans le but de mettre une affaire au clair. Un sujet sur lequel, ils ont toujours été en désaccord. Mais la discussion a mal tourné. Le meurtrier a levé de force le vieil homme qui s'est débattu. Dans la bousculade, ils ont fait tomber l'encrier du bureau. Le meurtrier s'est retrouvé pris au piège entre Hiromu et le bureau. Instinctivement, il a tâté de la main le bureau. Il a empoigné le coupe-papier qu'il s'est servi pour l'éloigner. Son coup porter à sa poitrine lui sera fatal.
- Très bien. Je comprends un peu mieux le sens de cette affaire. Réfléchis Megure.
- Attendez !! C'est bon, vous avez gagné ! s'écrit Takana, elle poursuit en baissant les yeux. J'avoue tout. C'est moi qui l'ai tuée.
- Takana ? s'esclaffent les deux fils.
- J'en pouvais plus qu'il ne m'accepte pas à cause de ma différence d'âge avec son petit-fils. Alors je me suis emportée.
- Ce n'est pas possible ! Comment as-tu pu faire ça ? s'écrit Ayato.
- Je savais que tu porterais malheur à notre famille. Crache Waka.
- Calmez-vous. Ce n'est pas elle la coupable. Intervient posément la voix de Conan à travers son nœud papillon.
Tous les regards se tournent vers le détective en écarquillant les yeux. Takana retient ses larmes au bord de ses yeux. Son cœur s'accélère dans sa poitrine. Elle se mordit la lèvre inférieure en écoutant la suite des conclusions de Kogoro. Ses doigts tremblants se serrent sur le tissu de sa robe. Conan garde son sang-froid, il se doutait qu'elle réagisse ainsi. Megure fronce les sourcils, intrigué.
- Comment pouvez-vous le savoir ? Elle vient d'avouer !
- En réalité, elle ne fait que couvrir le véritable meurtrier.
- QUOI ?
- Mademoiselle Takana a certainement compris de qui il s'agit en écoutant mes déductions. S'agissant de quelqu'un qu'elle estime beaucoup. Elle ne peut se résoudre à le laisser se faire accuser. N'ai-je pas raison, Teru ?
Tous les regards convergent vers le petit-fils de la victime. Celui-ci ricane nerveusement avant de répondre aux accusations du détective.
- Vous n'avez aucune preuve de ce que vous avancez !
- Tout d'abord, vous êtes la seule personne pour qui Takana a suffisamment d'amour pour vouloir vous protéger. Nous savons tous ici qu'elle n'était pas appréciée par les autres membres de la famille.
- C'est simplement pour ça que vous m'accusez ? Je pensais qu'au vu de votre renommée vous auriez pu faire mieux.
- Monsieur Shinohara, pouvez-vous nous montrer l'arrière de votre cheville droite ?
- Pourquoi ça ? Interroge, le concerné.
- Expliquez-vous Mouri. Ordonne gentiment Megure.
- Je vais vous le dire. Parce que dans sa lutte, le coupable n'a pas fait attention à l'arrière de sa cheville qui a percuté le bureau lorsqu'il s'est retrouvé coincé entre ce dernier et le patriarche de la famille.
- Je vois ! Ce cou a dû laisser une marque à cet endroit. Comprit Takagi.
- Teru, vous êtes priés de nous montrer l'arrière de votre cheville droite, s'il vous plaît.
- Et si je refuse ?
- Je suppose que l'analyse de l'arme du crime saura nous dire. Si vos empreintes s'y trouvent ou non. Vous n'aviez pas prévu de le tuer et vous n'avez pas pensé à nettoyer vos empreintes après votre forfait. Vous comptiez attendre la fin de l'enquête pour vous débarrasser de l'arme. Termine d'expliquer le détective endormi.
- Mais c'est avant que nous découvrions sa cachette. Sourit fièrement Takagi.
- Vous feriez mieux d'avouer.
Face à cette réalité, Teru se lève sans protester. Résigner, il soulève le bas de son pantalon afin de découvrir la plaie qui est à l'endroit qu'a indiqué le détective. Les témoins présents sont surpris. Takana laisse s'écouler ses larmes alors que Teru passe aux aveux.
- Il ne pouvait accepter mon futur mariage. Tout ça parce qu'elle a 10 ans de plus que moi. Je ne pouvais plus supporter son rejet !
- Il n'y avait pas que cela. Intervient Takana, elle poursuit entre deux sanglots. En réalité, je suis sa fille.
- QUOI ?
- Votre père a eu une aventure avec ma mère lors d'un voyage d'affaires à Tokyo. Il avait dans la cinquantaine. Il n'a jamais voulu reconnaître sa paternité. Mais lorsqu'il m'a vu, il a pris conscience de ma ressemblance avec ma mère.
- Ce n'est pas possible... Murmure le meurtrier.
- Je suis désolée de te l'avoir caché... Teru.
Le petit-fils de la victime s'écroule à genoux sur le sol, abattu. Les secrets du passé de son père se rappellent à lui. Il n'a pas pu le voir venir. Leur plan de mariage tombe à l'eau. Teru ne peut se résoudre à épouser sa tante. La consanguinité n’était pas souhaitée. Le cœur brisé, le petit-fils se laisse menotter par les policiers. Il marche à leur côté, prêt à attendre la sentence que sera la sienne.
Conan observe une nouvelle fois les voitures de police emmener le coupable qu'il a habilement découvert. Son ex-fiancée la suivit afin de l'épauler dans ces moments difficiles qu'il s'apprête à vivre. Elle s'en veut qu'il en est arrivé là en partie par sa faute. L'amour n'a aucune limite, aucune barrière.
En ayant une pensée pour ce sentiment si complexe, le visage de Ran s'impose de lui-même dans son esprit. Conan secoue sa tête en ronchonnant. Le moment est mal choisi pour ressasser la douleur et la distance qui les sépare. L'enfant se tourne vers le reste de la famille, entouré par celle qui berce ses pensées, Kogoro et Sonoko.
- Nous ne vous remercierons jamais assez, Monsieur Mouri. Vous avez permis de résoudre cette affaire.
- Oh, ce n'était rien ! Se vante-t-il.
- S'il vous plaît. Il est déjà, tard. Nous n'allons pas vous laisser partir comme ça. Sourit Aino, elle poursuit en se tournant vers son père. N'est-ce pas ?
- Tu as raison. Passez la nuit chez nous. Vous pourrez repartir tranquillement au matin.
- Voyez cela comme un dédommagement. Appuie Masae.
- Alors... Puisque vous insistez, ce serait mal poli de refuser.
Conan grimace à la réponse de Kogoro. Les visages souriants des femmes présentent et l'évocation d'un dédommagement au même moment eut raison de lui. Les deux adolescentes se résignent à le suivre dans son idée. Elles remercient chaleureusement la famille, bien que mal à l'aise.
Le garçonnet partage la même chambre que Kogoro tandis que les filles partagent celle voisine à la leur. L'élève de primaire termine de sécher ses cheveux, habillés dans son pyjama. Son aînée a pris possession de la salle de bain dès qu'il en fut à peine sorti. Shinichi lâche un soupir, comme pour apaiser ses épaules meurtries par toutes ses tensions. Il s'apprête à aller trouver du réconfort à travers un sommeil réparateur. Toutefois, une chose l'arrête dans son élan.
Quelque chose d'étrange se dessine dans l'encadrement de la fenêtre. Il s'y rend et tire le morceau de photo qui dépasse de la fente. Il écarquille les yeux alors que ses déductions se confirment. Une image d'un œil, celui de Ran, est représentée. À la différence que celui-ci apparaît plus rider qu'aujourd'hui.
Le cœur battant, le détective-lycéen dépose ses mains en visière afin d'examiner l'extérieur. Il ne vit personne. Cependant, plusieurs papiers sont étalés dans le jardin, formant un chemin. Conan fronce les sourcils. Il ne peut pas laisser passer cette occasion. Celui qui lui laisse ses images lui trace une route jusqu'à lui.
Conan simule avec ses affaires une silhouette sous les draps afin de ne pas éveiller les soupçons de Kogoro. Sans plus attendre, il court vers l'extérieur sans oublier d'enfiler ses chaussures et une veste. Graduellement, l'enfant ramasse chacune des photos et les enfourne dans ses poches. Il ne prend pas le temps de les observer. Ses pensées affluent, s'interrogeant sur le sens de tout cela. Mais surtout, quel est le lien avec Ran ?
Comme tout ce qui la concerne, Shinichi prend sa mission à cœur, craignant pour sa sécurité et sa vie. Si quelque chose lui arrive par sa faute, il ne se pardonnera jamais. Le vent se lève. Il approche des falaises. Il lève les yeux après avoir ramassé le dernier morceau de photo. Des barrières en bois entourent un point de vue sur la mer.
Celle-ci est un peu plus agitée que dans la journée. Toutefois, le ciel est dégagé, illuminé par d'innombrables étoiles. L'inconnu les fixe, le visage toujours caché sous sa capuche. Le vent fait virevolter les pans de son long manteau. La victime des hommes en noir serre les poings pour se donner du courage d'approcher cet étrange individu qui lui donne le dos.
Puis, sans qu'il ne puisse le comprendre, Conan relâche la pression. Son stress s'évapore. Il ignore pourquoi, mais il se sent comme s'il est en sécurité en sa présence. Sa curiosité s'attise un peu plus. Il s'arrête à quelques mètres de son interlocuteur. Son expression sérieuse l'aide à ne pas perdre de vue ses objectifs.
- C'est vous qui m'avez aidé à trouver le coupable. Pourquoi ?
- Comme je m'y attendais, tu n'y vas pas par quatre chemins dans tes questions. N'est-ce pas, Shinichi Kudo ?
Le concerné écarquille les yeux face à cette voix féminine. Mais surtout, une question tourne en boucle dans sa tête : comment connaît-elle sa double identité ?
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