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Journey to the past - Part 2 (Détective Conan)

  • Photo du rédacteur: emievarentz
    emievarentz
  • 31 juil. 2024
  • 17 min de lecture

Dernière mise à jour : 31 oct. 2024

Hello Everyone !!


Voici la partie 2 de l'histoire. Rappel du résumer :


« Conan a une drôle de sensation. Quelqu'un l’épi et l'observe. Cette personne a une étrange ressemblance avec Ran Mouri, son amour de toujours. Malgré son sens aigu de la déduction, il n'aurait jamais pu imaginer faire face à son futur. Un futur sombre, sans bonheur et la moindre saveur. Cependant, celui-ci regorge de possibilité. Shinichi saura-t-il faire les bons choix pour changer son Sad-ending en Happy-ending ? »


Voilà, je vous laisse lire "Journey to the past" et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires ! ;)


Bonne lecture,


Emie <3


 

Journey to the past

Conan fixe le dos de son interlocutrice. Celle-ci sent le poids de son regard sur elle. Pourtant, elle ne se retourne pas. Elle le laisse ruminer en serrant les poings, devinant les gouttelettes de stress perlé sur ses tempes. Elle peut presque percevoir les innombrables questions qui s'activent dans son esprit.


Elle fixe les étoiles, comme pour y puiser le calme dont elle a besoin pour poursuivre leur conversation. Même si l'enfant est une véritable boule de nerf, elle en aura pour eux deux. Un demi-sourire prend place sur son visage masqué sous sa capuche.


- Pour répondre à ta question, je voulais t'aider et me rendre utile afin d'organiser cette rencontre le plus rapidement possible. Ne t'inquiète pas. Je ne suis pas ton ennemie.


- Je le sais.


Son sourire s'élargit. L'ancien lycéen-détective baisse la tête en murmurant ses quelques mots. Ses mains dans ses poches se serrent contre les morceaux des photos qui tapissent la doublure. Il se mord la lèvre inférieure et l'humecte du bout de la langue. Il met de côté son appréhension sur le fait qu'elle a conscience de sa double identité.


Après tout, il ne risque rien à paraître lui-même. Shinichi reprend une expression neutre et naturelle, laissant transparaître dans ses prunelles toute la maturité dont il fait preuve pour son âge réel.


- J'ignore pourquoi, mais je me sens en sécurité près de vous. Avoue-t-il, il poursuit en mettant de l'ordre dans ses questions. Comment me connaissez-vous ?


- C'est une longue histoire. Tu ne le sais pas encore, mais je suis quelqu'un de proche et d'important dans ta vie.


- Ça ne m'aide pas beaucoup à comprendre. Ricane-t-il légèrement, d'un ton sarcastique.


- J'en ai conscience. Mais pour être honnête, je ne sais pas trop par quoi commencer.


- Par le début, non ? Par exemple, dites-moi qui vous êtes !


Le sourire de l'inconnue s'étire davantage, à peine étonné par sa requête. Elle se retourne finalement pour lui faire face. Shinichi lève ses yeux dans sa direction. Ses prunelles fixent le moindre de ses mouvements. Il a le cœur battant d'avoir enfin des réponses. Elle sort ses doigts fins de ses poches pour empoigner les rebords de sa capuche. Grâce à ce geste, le lycéen-détective put déduire son âge entre 13 et 15 ans.


La jeune fille rabat le tissu derrière sa nuque. De longues mèches châtain clair ondulées encadrent son visage fin. Elles volent sous la légère brise du vent. Mais ce qui perturbe le garçonnet est son regard. Celui-ci lui rappelle quelqu'un qui berce ces pensées depuis sa plus tendre enfance. Son rythme cardiaque s'accélère anormalement. Comment cette adolescente peut-elle lui ressembler autant ?


Son visage est comme calquer sur le sien. Shinichi déglutit, incapable de détourner son observation, trop plonger dans ses prunelles. Son interlocutrice soupire, consciente du choc que doit subir l'enfant, même s'il n'en est pas réellement un. Elle baisse momentanément les yeux, rompant leur échange visuel. Sa main gauche effleure sa montre autour de son poignet droit.


L'ancien lycéen lève un sourcil, remarquant la ressemblance avec la sienne qui cache ses fléchettes anesthésiantes. Cependant, celle de l'adolescente est recouverte d'un écran noir tactile. Du bout des doigts, elle pianote dessus. Puis, il fut surpris de voir un rayon blanc l'entourer. Shinichi papillonne des paupières. Comme par magie, l'adolescente a changé complètement de vêtement.


Elle a revêtu un short en jean et un pull en laine beige. De hautes chaussettes noires remontent jusqu'à ses genoux, en dessous d'une paire de bottines marron clair plate à lacer. Un demi-sourire prend place sur le visage de l'adolescente. Elle prend à nouveau la parole. Elle ne lui laisse pas le temps à son interlocuteur, d'assimiler ce qu'il vient de voir.


- C'est curieux, non ?


- Pardon ? se réveille-t-il, en se secouant la tête.


- Comment le cours des choses change. Que le passé rencontre le futur.


- Je ne comprends pas. Qu'est-ce que c'est ?


- Oh ça ! comprit-elle en désignant sa montre, elle poursuit d'un ton nostalgique. Ta montre avec les flèches anesthésiantes a inspiré le professeur Agasa. Et il m'a créé celle-ci qui peut avoir plusieurs fonctions, dont celle que tu viens de voir.


- Tu le connais aussi ?


- Bien sûr, grâce à toi.


Conan secoue sa tête de droite à gauche. Il a du mal à croire en ces belles paroles. Pourtant, son expression si sincère lui prouve qu'elle ne ment pas. Il n'a jamais vu une telle chose se produire. Enfin, pas à son époque. Cette remarque produit un déclic dans son esprit. Même si cela lui paraît impossible, il devait en avoir le cœur net.


- Qui es-tu ? Et comment peux-tu lui ressembler autant ?


- Au fond de toi, je suis sûr que tu as une vague idée.


- Non, c'est impossible. Ran n'a pas de secret pour moi. Tu ne peux pas avoir de lien de parenté avec elle !


Le ton employé par son interlocuteur touche l'adolescente. Elle savait que pour un esprit aussi rationnel que le sien, la vérité serait dure à croire. La jeune fille prit une grande respiration. Elle place l'une de ses mèches rebelles derrière son oreille. L'émotion la gagne. Elle va devoir lui fournir des preuves.


- Le Shinichi que je connais me ferait confiance. Il aurait déjà tout compris. Après tout, il s'agit de la seule et unique vérité, non ?


Shinichi ouvre et referme sa bouche aussitôt. Les mots se bloquent dans sa gorge. Son interlocutrice lui sourit naturellement. Comment peut-elle lui sortir ces mots ? Cette phrase mythique qu'il a si souvent utilisée au cours de ses enquêtes en tant que détective-lycéen. Sa voix bafouille, sans parvenir à mettre un sens envers tout ce qui se passe.


- Comment ? Comment connais-tu ça ?


- C'est toi-même qui me l'as dite un nombre incalculable de fois. Enfin, je suis heureuse que tu démarres autant au quart de tour quand ça la touche. Au moins, je suis sûr que ma mission en vaut la peine. Sourit-elle.


- NE PARLE PAS D'ELLE, COMME SI TU LA CONNAISSAIS ! CETTE CONVERSATION EST ENTRE TOI ET MOI. ALORS, LAISSE-LA TRANQUILLE.


- En réalité, elle a tout à voir. Elle est même la raison de ma présence ici. C'est pour elle que je fais tout ça. Et désolé de te contredire, Ojisan, mais je connais très bien Ran Mouri.


- Impossible... Siffle-t-il entre ses dents.


- Parce que je suis sa fille.


L'adolescent écarquille les yeux. Cet aveu lui fait l'effet d'un électrochoc. Pourtant, sa raison consent à la croire, car il s'agit bien de l'unique vérité possible. Il ne savait pas comment expliquer autrement ses connaissances sur lui et son entourage. Sans oublier sa forte ressemblance physique avec son amie d'enfance. Elle n'a pu qu'arriver ici en voyageant dans le temps.


Mais son cœur ne peut le concevoir. L'enfant empoigne ses cheveux dans ses mains comme s'il allait les arrachés un par un. Il secoue sa tête en fermant fortement les yeux. Il veut se réveiller de ce cauchemar. La jeune fille baisse les yeux, honteuse. Elle saisit tout le trouble de Shinichi. Après tout, elle sait que ''voyager dans le temps" était une notion de science-fiction en ce temps-ci. Même dans le sien pour qui c'est encore au stade d’expérimentation top secrète. Timidement, elle reprit la parole.


- C'est pour ça que je ne voulais pas t'approcher plus tôt. Je ne pouvais pas la croiser. À cette époque, je ne suis pas censée exister.


- Comment ? murmure-t-il entre ses dents, sans oser affronter son regard.


- Le professeur Agasa a pu faire des merveilles. Bien qu'il n'est plus de ce monde, d'où je viens, Haibara a réalisé son rêve : celui de faire fonctionner une machine à voyager dans le temps. Et me voici, 25 ans en arrière.


- 25 ANS ? répète-t-il, sous le choc.


- Exactement. Je sais que c'est difficile à croire, mais...


- Je te crois. La coupe-t-il.


- Pardon ?


- Si tu es réellement sa fille, je suis sûr que je peux te faire confiance.


- Merci.


Ce dernier mot, l'adolescente l'a presque étouffé dans un souffle. Shinichi ouvre à nouveau les yeux. Ses prunelles bleues examinent son interlocutrice. Celles-ci reflètent l'angoisse et la tristesse. Il perçoit en elle toutes les qualités qui lui ont fait aimer Ran, bien plus qu'une simple amie d'enfance. L'enfant laisse tomber ses bras le long de son corps, empoignant avec courage son sang-froid. Il ne doit pas se faire envahir par l'émotion.


- On t'a laissé voyager seule ?


- Ça n'a pas été facile. Tu voulais faire cavalier seul, comme toujours. Tu n'avais plus rien à perdre. C'est ce que tu nous criais tout le temps. Mais Haibara et moi ne t'avons pas laissé faire. Ça aurait pu être risqué que tu croises ton ''toi'' du futur. On ignore encore les répercussions que ça peut avoir.


- C'est vrai. Reconnut-il.


- Alors je me suis portée volontaire. Haibara doit rester près de la machine pour s'assurer que le voyage se passe bien jusqu'à mon retour. Et tu m'as prévenu que tu serais difficile à convaincre.


- Je comprends. Je me serais fait la même remarque sur moi-même.


L'adolescente esquisse un sourire qui vise à détendre l'atmosphère. Toutefois, il fond comme neige au soleil. Elle baisse à nouveau les yeux vers le sol, enveloppé par un sentiment de peine intense. Des souvenirs la poignardent.


L'enfant la toise de haut en bas, remarquant ce changement si soudain. Il comprit que son passé, à elle et son futur à lui ne doit pas être très réjouissant. Cela confirme son intuition que cette jeune fille n'a aucun lien de parenté avec lui. Ses organes se tordent en assimilant que Ran a eu cette enfant avec quelqu'un d'autre que lui.


- Shinichi.


Le concerné ouvre la bouche sous la surprise, mettant de côté ses cellules grises un peu trop actives. Elle a murmuré son prénom, presque comme une imploration. La fille de Ran se met à renifler, signe que des larmes ont élu domicile au bord de ses yeux. Elle tente de les refouler d'un revers de sa manche. Mais le lycéen-détective n'est pas dupe.


Une douleur s'installe au creux de sa poitrine. Il aimerait tout faire pour ne pas voir ce chagrin sur son visage. Mais en a-t-il seulement le pouvoir ? L'adolescente reprend contenance, à l'aide d'une profonde respiration.


- Je n'y arrive pas.


- Quoi donc ?


- À tout te dire. Je sais à quel point ça va être difficile à entendre pour toi.


- Je m'y attends déjà. Soupire-t-il, il poursuit en la fixant dans les yeux. J'imagine que je ne suis pas ton père, n'est-ce pas ?


- Tu la compris ?


- Ce n’était pas très difficile. Tu as des ressemblances avec Ran, mais aucune avec moi.


- C'est vrai.


Ses iris brillants glissent sur le sol, mal à l'aise d'être porteuse de tel message. Puis, son regard se dirige vers les poches de la veste de l'enfant. Conan serre les poings à l'intérieur. Il fronce les sourcils en penchant la tête sur le côté. Elle appuie son étude, épiant sa réaction.


En comprenant son message silencieux, il fait aller ses doigts tremblants. Il sort les morceaux de la photo. Il les étale entre eux, reconstituant facilement le puzzle. La jeune fille déglutit, l'observant faire. Dans le silence de la nuit, elle perçut les légers gémissements qui ont franchi les lèvres de l'ancien lycéen. Il s'écroule à genoux à même le sol. Ses prunelles se sont détournées de l'image reconstituée. Celle-ci est une vision d'horreur qu'il ne peut imaginer, même dans ces pires cauchemars.


Ran y tient un bouquet de fleurs. Sa robe blanche la rend encore plus magnifique qu'en temps normal. Ses cheveux sont coiffés en un magnifique chignon tressé sous son voile. À son bras, il reconnut le visage du médecin Tomoaki Araide. Le couple est entouré par leur famille, souriant en ce jour de bonheur échanger.


À l'exception d'un enfant devenu adolescent, portant la même monture de lunettes qui camoufle sa véritable identité. Appuyer contre un arbre en arrière-plan, il garde la tête baissée. Il camoufle son désarroi de devoir être présent au mariage de Ran, la voir dire « oui » à un autre que lui.


Shinichi ravale ses larmes. Le cœur lourd, il sent ses forces l’abandonner. Cela ne peut pas se passer ainsi. Il en avait fait la promesse. Il n'a pas pu échouer. Ses doigts se crispent dans la terre. Il secoue sa tête de droite à gauche. Son interlocutrice s'approche de quelques pas. Elle s'agenouille en face de lui, affichant un sourire triste et compatissant. Puis, elle fut surprise de le voir s'asseoir en tailleur. Ses prunelles bleues plongent dans les siennes d'un air déterminé.


- Très bien. Raconte-moi tout.


- D'accord.


L'adolescente prit la même position. Elle prit une grande respiration, assemblant ses mots dans sa tête. Elle décide de continuer à suivre son conseil et de poursuivre son récit depuis le début, avant même sa naissance.


- Tout ça à commencer il y a 15 ans. Donc dans 10 ans pour toi. Je n'étais pas encore arrivé, mais ma mère m'a tout raconté.


- Très bien.


- Pour elle, tu avais disparu et elle en est venue à croire que tu étais mort. Et puis l'horloge biologique se rappelle à elle. Il fallait qu'elle se marie et à force que mon père, Tomoaki, le lui demande, elle a fini par accepter de l'épouser.


Son interlocutrice s'humidifie les lèvres. Shinichi a les yeux baissés, prêtant une oreille attentive à sa narration. Il ne peut refréner son cœur de se briser un peu plus à chacun de ses mots.


- Je suis née l'année qui suit. Je suis fille unique et je sais que ma mère m'a eu plus par devoir conjugal qu'autre chose. Avoue-t-elle, elle poursuit en un demi-sourire. J'ai rapidement compris que c'était parce qu'elle n'aimait pas réellement mon père. Son cœur battait pour quelqu'un d'autre.


- Elle ne m'a pas oublié ?


- Bien sûr que non. Mais elle était si abattue et accablée par la douleur... Lorsqu'elle m'a parlé de toi la première fois, j'ai vu son visage s'illuminer avant qu'elle se mette à pleurer.


- Alors elle m'aime encore ?


- Elle t'aimera toujours, Shinichi. Je suis sûr que tu as une plus grande place dans son cœur que moi.


- Mais tu es sa fille ?


- Oui, je sais. J'aime énormément ma mère et elle m'aime tout autant. Mais je suis sûr que tu comptes encore plus pour elle.


- Comment peux-tu en être aussi sûr ?


- La preuve est dans mon prénom.


- Comment ça ?


- Elle m'a appelé Irène.


Shinichi fut surpris par un tel aveu. Son cœur se gonfle. Ran n'a pas effacé tous leurs souvenirs ensemble de sa mémoire. Il est vrai qu'il l'a tellement ennuyé avec les histoires de Sherlock Holmes. Mais de là à ce qu'elle donne ce prénom à sa fille, il ne peut attendre une meilleure preuve de l'amour qu'elle lui porte. L'ancien détective lycéen esquisse un demi-sourire sur son visage. Il lâche un soupir, comme soulager.


- Comme l'unique l'amour de Sherlock Holmes.


- Oui. Je pense que quelque part, c'est moi qui l'ai empêché de sombrer un peu plus. Tout comme toi, d'ailleurs.


L'enfant lève les yeux vers elle. Un rictus se forme sur son front. Ses prunelles reflètent un sentiment d'inquiétude, contrastant avec son envie de savoir. La curiosité prit le dessus. Il plonge dans ses iris, l'invitant à poursuivre. L'adolescente acquiesce d'un mouvement de tête. Elle sourit franchement, ricanant d'un ton nostalgique en se plongeant dans ses souvenirs. Conan penche à nouveau la tête sur le côté, intrigué.


- À ma naissance, tu me détestais.


- QUOI ?


- Tu me rejetais, même. Comme si Ran ne pouvait pas avoir un enfant sans toi. Appuie-t-elle en souriant davantage, elle poursuit en levant les épaules. J'imagine que c'est ce sentiment-là que tu as ressenti aussi lors de son mariage.


- Pour être honnête, je ne sais pas ce que je ferai.


- Je peux te le dire.


- Alors ?


- Tu es tombé en dépression. Et pour ne pas sombrer trop, tu as enchaîné les enquêtes en tant que nouveau lycéen-détective. Mais Ran a eu peur que tu disparaisses aussi comme Shinichi. Alors, tu as fait en sorte de ne pas t'éloigner trop de la maison.


- Je vois.


- Mais je pense que dans le fond, elle avait conscience que votre relation a changé depuis son mariage. Vous n'avez plus le même lien.


- Je n'ai pas essayé de tout lui dire ?


- Si, bien sûr. Mais elle ne t'a pas crue, malheureusement. Elle m'a même dit que si elle te voit ressembler à Shinichi, cela vient de son imagination.


L'enfant soupire, déçu de ne pas avoir pu atteindre son but. Ses prunelles fixent la mer à l'horizon, se perdant dans ses pensées moroses. La dénommée Irène baisse les yeux vers le sol, les plongeant dans un silence prolongé. Contre toute attente, Conan le brise.


- Et toi, dans tout ça ?


- Même si tu me détestais, je te posais toujours tout un tas de questions, restant toujours dans tes pattes dès que tu étais là. Et puis, à force que je te suis partout, tu as fini par me prendre sous ton aile. Ma mère te criait souvent parce que j'allais sur des scènes de crime avec toi.


- Ça lui ressemble bien. Et à moi aussi.


- Oui, je trouve aussi.


- Comment as-tu su qui j'étais ?


- Je l'ai su rapidement. J'ai toujours trouvé ta ressemblance avec Shinichi bizarre. Et quand j'ai eu 10 ans, je t'ai pris sur le fait quand tu parlais avec Haibara et le professeur Agasa. Après ça, tu m'as tout raconté, en me promettant de me protéger, quoi qu'il arrive.


- Je comprends. Car tu peux être une cible pour eux.


- Oui. Mais ça nous a permis de développer une forte complicité. Tu es comme un deuxième père pour moi. Et tu me traites comme si j'aurais pu être ta propre fille.


- C'est ce qui aurait dû se passer !


Conan a grogné ses mots en serrant les poings contre ses genoux. La jeune fille l'observe abattre sa rage sur le sol. Son corps entier tremble. Ses prunelles roulent vers le bas. Sa paire de lunettes cache ses larmes. Irène déglutit. Elle se force à arborer un sourire rassurant tout en déposant ses mains sur ses épaules. L'ancien lycéen-détective visse soudainement ses iris dans les siennes, surpris par son geste.


- Tu ne dois pas réagir comme ça Shinichi. Tu ne dois pas te décourager !


- Comment peux-tu dire ça ?


- Le futur que je viens de te raconter n'en est qu'un parmi des millions. Rien n'est encore définitif. Et c'est pour ça que je suis là.


- Tu penses que je peux encore changer les choses ?


- C'est une certitude.


Son sourire s'accentue. Elle se recule de quelques mètres. Le garçonnet la fixe, aller ses doigts dans ses bottines. Elle en ressort un carnet usagé et rempli, ainsi qu'une boîte de pilules. En voyant cette dernière, Conan écarquille les yeux. Le cœur battant, il ose interroger son interlocutrice.


- Ne me dis pas qu'il s'agit de...


- Et si. C'est l'APTX 4869 qui t'a fait rétrécir. Il y en a suffisamment pour qu'Haibara puisse faire un antidote. Le coupe-t-elle, remplie d'espoir.


- Comment as-tu pu en avoir si je n'ai pas réussi à abattre l'organisation ?


- Récemment, Haibara a pu remettre la main sur la formule. Mais tu n'as plus la motivation de tenter d'avoir l'antidote. Ran a fait sa vie et plus rien ne t'attend dans ton ancienne vie. Enfin, c'est le discours que tu as tenu devant nous.


- Et c'est là qu'est venue l'idée de voyager dans le temps ?


- Exactement. On s'est dit qu'en venant dans le passé et en te donnant nos découvertes, tu arriveras à changer le futur.


- Et le carnet ?


- J'ai retranscrit toutes les actions de l'organisation de ton époque jusqu'à la mienne. J'espère qu'avec tout ça, tu pourras les arrêter avant qu'ils fassent d'autres victimes.


Sur ces mots, Irène lui donne la boîte et le carnet. L'enfant les met précautionneusement dans ses poches. Cependant, son cœur se serre. Il se mord la lèvre inférieure avant de plonger à nouveau dans les prunelles de la jeune fille, si ressemblante à celles de Ran.


- Mais toi ?


- Quoi "moi" ?


- Que va-t-il t'arriver ? Tu viens du futur alors si je le change, tu vas...


- Disparaitre ? termine-t-elle, elle poursuit une fois qu'il acquiesce d'un mouvement de tête. Probablement. Mais je dois le faire, pour le bonheur de ma mère et aussi le tien. Je dois t'aider à renverser la situation.


- Mais...


- Ne t'en fais pas pour moi.


Conan la suit du regard, pendant qu'elle se redresse. Elle lui tend une main dont il se saisit afin de se remettre sur ses deux jambes. Une brise de vent s’engouffre entre eux, faisant s'envoler les restes de la photo qui était placée entre eux. Les fragments de ce témoin du futur retombent dans les eaux sales.


Irène garde un sourire radieux et rempli d'espoir. Elle pianote rapidement sur sa montre et un cercle de lumière blanche se crée dans son dos. Shinichi déglutit. Il a peur pour cette jeune fille qui a bravé l'impossible pour lui fournir les bonnes clés pour le mener à la réussite, à son Happy-Ending.


Pourtant, il ne peut empêcher quelques larmes de s'écouler sur ses joues. Touchée par son élan d'émotion, l'adolescente s’accroupit à sa hauteur pour essuyer ses perles salées.


- Je compte sur toi pour changer le futur, notre futur. Et qui sait ? Je n'aurai peut-être plus la même apparence, mais je suis sûr qu'on se retrouvera un jour. Et quand ça arrivera, je pourrais t'appeler papa.


L'enfant rougit à cette idée. Toutefois, il ne pourrait être qu'honoré d'être le géniteur d'une fille comme elle. Irène s'éloigne de son interlocuteur. Elle lui donne à nouveau le dos, pour rejoindre la lumière. Celle-ci disparait derrière elle. La jeune fille n'a jamais aimé les au revoir et elle ne peut pas se dire que c'est un adieu.


Conan se retrouve seule, avec pour unique compagnie les étoiles et la brise du vent. Il dépose ses mains dans ses poches où reposent aussi la boîte et le carnet qui sont toujours là, bien au chaud dans le tissu de son manteau.


Il les serre entre ses doigts. Il va devoir faire honneur à cette apparition du futur. Il se fait la promesse de ne jamais l'oublier et de ne pas perdre l'espoir de pouvoir changer le cours des choses.


 

Shinichi fait les 100 pas dans le hall de la salle d'attente. Il n'a pas pu la suivre et s'en ronge les doigts. Bercé par des cris de nourrissons, il tente de mettre de l'ordre dans ses pensées. Le personnel médical s'active autour de lui. Mais aucun ne s'arrête pour le mettre au courant de l'avancer. Il ne s'est jamais senti aussi nerveux de toute sa vie. Il fait toujours preuve d'assurance lors de chacune de ces enquêtes. Cependant, aucune d'elle ne l'a préparé à cette épreuve de la vie.


Telle une délivrance, une sage-femme vient le trouver. Le jeune homme stoppe tous ses mouvements afin d'écouter avec attention ce qu'elle a à lui dire.


- Monsieur Kudo ?


- Oui ?


- Félicitations. Tous ces biens passés. Vous pouvez aller la voir !


Il ne lui en fallut pas plus pour s'activer à la suivre à travers les couloirs de l'hôpital de Beika. Elle s'arrête face à la porte d'une chambre solitaire au fond d'un couloir. D'un geste de la main, elle l'invite à entrer. Le détective effectue quelques pas timides, comme si cela calmerait les battements frénétiques de son cœur. Toutefois, c'est le visage souriant de sa femme qui eut cet effet.


Malgré la fatigue due à l'effort de donner la vie, Ran rayonne de bonheur. Elle tâtonne un bout du matelas sur le lit dans lequel elle est assise contre le dossier. Sa poitrine est sommairement découverte pour aider le bébé à téter. Shinichi s'assoit à ses côtés, un bras autour de ses épaules. Il dépose un baiser sur le front de sa compagne qui continue de bercer l'enfant dans ses bras.


Ses prunelles bleues fixent celles du bébé. Son cœur se gonfle. Il ne parvient pas à croire qu'ils sont parvenus à créer cette petite vie. Un soupçon d'appréhension perle dans un coin de son esprit. Sera-t-il à la hauteur ? Comme pour répondre à ses troubles intérieurs, le nouveau-né arrête son déjeuner et tend ses petits doigts vers son géniteur. Un sourire béat se forme sur le visage des jeunes parents. Cependant, un raclement de gorge vient briser cet instant magique. Ils lèvent tous deux leur regard vers la sage-femme.


- Comment allez-vous l'appeler ? Je dois inscrire son prénom sur son bracelet de naissance.


Ran et Shinichi échangent un regard complice. Depuis que l'organisation a été démantelée, il a rapidement avoué toute la vérité à son amie d'enfance, qui est devenue sa petite-amie, puis sa compagne. Ran se souvient très bien du jour où il lui a rapporté l'histoire de sa fille venue du futur. Elle a été fière de pouvoir porter une si forte jeune fille. Elle  a été prête à remettre en question son existence même pour le bonheur de ses proches. Il est temps qu'ils lui rendent un hommage digne d'elle.


Leurs visages se tournent vers leur petite fille. Trouver un prénom pour leur premier enfant, d'autant si c'est une fille, est devenue une évidence pour eux. Puis, le jeune détective adresse un sourire à la sage-femme en caressant du bout des doigts les petites mains du nourrisson aux cheveux sombres qui porte les yeux de sa génitrice.


- Elle s'appellera Irène.



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