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La statue de glace - Jelsa (Disney/Dreamworks)

  • Photo du rédacteur: emievarentz
    emievarentz
  • 31 juil. 2024
  • 21 min de lecture

Dernière mise à jour : 31 oct. 2024

Hello Everyone !! :)


Cette OS est une inspiration du conte de Noël anglais, réalisé en 1982 : "The Snowman". Il a la particularité de n'avoir aucun dialogue. Donc l'OS n'en comporte pas non plus. Vous pouvez le visionner sur YouTube via ce lien.


Je tiens à préciser qu'il ne met pas en avant une éventuelle romance Jelsa !!


Bonne lecture de "la statue de glace" ! :)


Emie <3


 

la statue de glace

C'était un 24 décembre, la veille de Noël.


La neige hivernale recouvrait le royaume. Les flocons pleuvaient depuis les nuages. Les cheminées des maisons fulminaient pour garder chacun des foyers au chaud, laissant échapper les crépitements des flammes. J'observais l'agitation des habitants en fête depuis ma fenêtre. Des enfants s'amusaient à faire des anges dans la neige de la grande place. Ou encore, des batailles de boule-de-neige pour les plus téméraires.


Les adultes faisaient leur provision pour le dîner du soir. Ils observent, examinent, les plats fraîchement préparés par les marchands. Les étalages du marcher sont remplis de fruits et légumes qui restaient de la récolte précédente, mais aussi des confiseries. Je pouvais presque sentir le pain chaud sortant des boulangeries et le fumé des volailles baignant dans leur cuisson.

Des hommes revenaient de la forêt, rassemblant du bois pour leur foyer.


Alors que quelques serviteurs du château distribuaient des vêtements chauds au plus pauvre, sous-ordre de mes parents. Le fjard avait gelé, laissant les bateaux à quai légèrement à l'abandon en cette période de l'année. Je souriais en regardant ce spectacle. Pour une fois,  je pouvais observer une scène hivernale sans avoir à me soucier d'en être la cause. Mes mains gantées se posent sur le rebord de la fenêtre, tout en laissant échapper un long soupire. Arendelle semblait bien paisible.


Puis, je me redressai du bord de ma fenêtre au son de quelques coups sur ma porte. C'était le matin et je n'avais pas encore enfilé ma robe. Je laissai une servante entrée afin qu'elle m'aide à m'habiller d'une robe dans les tons bleu et violet. J'enfile des chaussures chaudes, sans oublier mes gants qui ne me quittaient jamais. J'étais plus souriante qu'à l'accoutumer. Ce jour-là était un jour spécial. Moi, princesse Elsa d'Arendelle, je pouvais enfin sortir dans les jardins du château. J'attendais ce jour toute l'année, étant le seul où je pouvais respirer à pleins poumons l'air extérieur, m'amuser, même si j'étais seule.


La servante avait quelques difficultés à me faire tenir en place tellement je trépignais d’impatience. Elle me rouspéta, car j'allais oublier de prendre mon petit-déjeuner. Suivant ses consignes, je me dirigeai tout de même dans la salle à manger du château où je pus déguster mon premier repas de la journée en compagnie de mes parents. Un bon chocolat chaud, des tartines de pain avec du beurre et de la confiture fruitée à la fraise, de la brioche, un verre de jus d'orange pressée ; tout était prêt sur la grande table.


Quand je terminai de manger, je ne perdis pas de temps à sortir de table en ayant une dernière bise de la part de mes parents. Je ne voulais pas rester trop longtemps. Je savais que peu de temps après c'était Anna qui allez venir déjeuner. Je devais toujours l'éviter pour sa sécurité à cause de mes pouvoirs de glace. J'avais déjà failli la tuer une fois. L’angoisse de ce souvenir me hante toujours et j'avais peur de recommencer.


De retour entre les quatre murs de ma chambre, je me poste devant le miroir de ma coiffeuse afin d’essuyer mes moustaches de chat qui se sont immiscées autour de mes lèvres à cause du chocolat. Puis, je me redressai pour faire face à ma penderie. J’empoignai un manteau, une écharpe que ma mère m'avait tricoté, ainsi que le bonnet à sortie.


Je ne perdis pas une seconde supplémentaire afin de me diriger vers les portes du château qui me mène au jardin, ceux que je peux en partie apercevoir depuis l'une des fenêtres de ma chambre. Je me surprenais à sautiller dans les couloirs du palais avant de m'arrêter. Je fis face à l'immense porte en bois sculpté. Enfin, elle ne l'était pas en réalité, mais pour ma petite taille de l'époque, elle me paraissait immense.


Je l'observais un moment. J'avais peur de la geler dès que j'actionnais cette poignée. Mais elle me donnait également un goût de liberté très agréable. Je pris mon courage à deux mains et refermai la porte derrière moi aussi vite pour éviter que mes craintes prennent le dessus. Je fixe un instant la poignée. Je soupirai un instant en constatant que rien de mal ne s’est produit.


Je me tournai donc vers l'étendue de verdure recouverte d'un épais manteau blanc et d'arbre sans feuilles. Les parterres de fleurs, si colorés au printemps, sont immobilisés par le givre. Un léger sourire se dessina sur mon visage. Je ne pouvais cacher des éclats lumineux d'apparaître dans mes yeux. J'étais seule face à cette étendue de blanc. Mais au fond, je me sentais dans mon élément, celui de ma magie. Bien que je pensais à l'époque que c'était une malédiction. Cependant, cela n’était plus important en cet instant. Rien d’autre ne comptait, à part ce sentiment de liberté.


J'entrepris d'avancer dans la neige, enfonçant mes bottes dans cette matière un peu cotonneuse. Je laissais mes empreintes derrière moi. Heureuse de l'effet de mes pieds dans la neige, j'accélérai mes pas en trottinant, tournant sur moi-même pour y laisser quelques dessins en cercle. Je m'approchais également des arbres qui me surprirent à laisser des morceaux de neiges me tomber sur la tête. Je me nettoyais alors pour enlever toute la poudreuse accumulée sur mon manteau en un ricanement. Je ne parviens pas à leur en vouloir, trop submerger par cet élan de bonheur.


Puis, j’entrepris de fabriquer une boule-de-neige dans ma main. Je ne voyais pas trop où je la lançai avec tous ses flocons qui continuent de tomber. Mais je me souviens m’être convaincu de ne plus jamais le refaire. En effet, ma boule-de-neige atterrit sur les vitres des cuisines. Je frissonne encore du souvenir du visage colérique de la cuisinière.


Elle s’était penchée à la fenêtre afin de me hurler ses quatre vérités au visage en guise de remontrance. Bien que je fusse la princesse, j'étais encore qu'une enfant et mon tempérament innocent avaient souvent besoin d'être recadré, comme beaucoup d'enfants à cet âge.


Je m'étais alors éloigné davantage dans le fond du jardin, l'air un peu bougon. Je piquais dans la neige, mes mains jointes dans mon dos et mes pensées vagabondant au rythme de mes pas. Je tire nerveusement sur le tissu de mes gants. Puis, je m’arrête en glissant mes paumes devant mes yeux. Une idée germe dans mon esprit. Et si au lieu de détruire, j’envisage de fabriquer quelque chose avec l'aide de mon pouvoir ? Après tout, avec un peu de concentration, je ne ferai de mal à personne, si ?


Motivée par cette nouvelle résolution, je réfléchissais en posant un doigt sur mon menton. Puis, mon imagination fit le reste. Je me souvenais d'un conte que ma mère racontait à moi et ma sœur quand on était enfant. L'histoire d'un esprit de l'hiver qu'on appelé Jack Frost. D'après elle, c'est de lui que venait l'hiver.


Je me mettais à me demander à quoi il pourrait ressembler. Et si je le réalisais en statue de glace ? Prends d'une envie de matérialiser cet étrange personnage, tel que je l'imaginais, je retroussais les manches de mon blouson afin de m'exécuter. Je commençai par étirer mes mains afin de matérialiser une silhouette de glace assez grossièrement.


Petit à petit, son image se faisait plus précise dans mon esprit. D'après moi, il devait être assez grand, fin, semblant avoir entre 15 et 18 ans. Ensuite, son visage je l'imaginais assez fin et allongé, un sourire rieur, des yeux bleus comme la glace, un nez fin, mais allongé et des oreilles légèrement décollées.


Je lui ajoutai des cheveux couleur neige avec celle que j'avais sous la main. Afin que ma représentation soit plus réaliste, j'allais chercher de vieux vêtement au château, un pantalon marron, une chemise blanche et une sorte de manteau large marron avec une capuche. Le tout était assez usé. Je croise quelques domestiques sur mon chemin. Cependant, ils ne s’interrogent pas davantage. Après tout, il ne s’agissait que d’un jeu d’enfant.


Je les enfile à ma création. J'y ajoutai ma touche personnelle en givrant une partie de ces derniers. Je la contemplai. Cependant, quelque chose me chagrinait. Quelque chose semblait manquer, mais quoi ? En chavirant mon regard, je découvris au sol entre les arbres, un long bâton bizarrement recourbé. J'eus un léger sourire et le pris. Je le fis tenir dans l'une des mains de la statue qui cette fois semble être finie.


 

En levant les yeux, j'étais surprise de voir que le soleil décline à l’horizon. La fin de ma journée en extérieur s'achevait déjà. Tristement, je cachai ma création pour qu'elle ne surprenne personne. Mais tout en pouvant avoir un œil dessus de la fenêtre de ma chambre, bien qu'il lui tourne le dos. Le cœur lourd de devoirs de le laisser derrière moi et d’être à nouveau enfermé, je regagnai l'intérieur du château.


Ce soir-là, je n’ai pas tardé à la table du dîner. De nouveau dans ma chambre, je trottine jusqu’au rebord de la fenêtre qui donne sur le jardin. Je contemplai un moment ma création, jusqu’à ce que mes paupières deviennent lourdes. Contrainte par la fatigue, je finis par aller me coucher. Ça aurait pu s'arrêter là. Cela aurait été beaucoup plus simple. Mais alors il n'y aurait pas eu d'histoire.


Cette nuit-là, je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Je m'étais surprise à me lever en pleine nuit. L'heure sur l'horloge de ma chambre indique 23 h 59. Je me dirigeai vers ma fenêtre, celle où je pouvais distinguer la silhouette de ma création. Je me souviens qu'à cet instant, ma raison me disait d'aller me recoucher. Mais mon cœur et mon envie profonde de liberté me disaient que pour une fois, je pouvais désobéir à quelques règles.


Après tout, le sommeil avait gagné la totalité du château. Personne n'en sera jamais rien, pas vrai ? Un sourire enfantin se dessina sur mon visage pâle. J'allai enfiler mes bottes chaudes. Ainsi que ma robe de chambre bleue marine pour me couvrir le dos part dessus ma chemise de nuit à manche longue bleu ciel qui m'arrive jusqu’à mes chevilles.


À pas feutrer, je me dirigeai vers la porte qui m'a mené ce matin à l'extérieur. Je l'entrouvris avant d'entendre sonner minuit. Je me stoppai dans mes gestes par peur que le bruit de l'horloge me fasse remarquer. Mais rien. Rien, enfin, pas tout à fait. Mon regard se tourna vers l'endroit où se trouvait ma statue de glace. J'écarquillai les yeux en la voyant scintiller. Plusieurs étoiles semblent la couvrir, la faisant varier en différentes couleurs. Puis, les scintillements s’arrêtent aussi vite qu'ils étaient arrivés.


Même encore maintenant, je ne pourrai expliquer ce qui s’est produit ce jour-là. D’autant que je ne fus pas au bout de mes peines. Allant de surprise en surprise, je vis le visage de ma statue de glace se tourner vers moi. Je frottai mes yeux comme pour m’assurer que je ne rêvai pas. Pourtant, c’était bien lui. Il se tourna complètement dans ma direction. Il avait exactement le même visage et l'allure enfantine que j'avais imaginée bien que la glace ait laissé place à une couleur de peau pâle comme l'hiver.


J'écarquillais un peu plus les yeux en croisant les siens. Je déglutis, ne sachant pas quoi faire. Il ne semblait pas surpris de me voir. Il me souriait gentiment pour calmer ma peur, ce qui avait marché. À pas de loup, je m'approchai de lui après avoir fermé la porte derrière moi. Il retira son capuchon marron de sur sa tête pour dévoiler de véritables cheveux blancs. Il s'inclina devant moi comme pour me saluer. Je le lui rendis en une faible révérence. À cet instant, je n'étais plus effrayée, mais intriguer.


Cela faisait longtemps que je n'avais pas rencontré de nouvelle personne. Je ne savais pas trop comment me comporter. Pourtant, je suivis mon instinct et mes leçons de bonnes manières. Je lui fis une poignée de main amicale. J'esquissai un sourire. Mes yeux s'émerveillèrent de réaliser que ma création prend vie juste sous mes yeux. Il me renvoya un sourire chaleureux, légèrement maladroit. Je me souviens m'être demandé si je ne trouverai pas un ami en cette apparition peu commune ? Étant une création reliée à ma magie, il était immunisé contre ce pouvoir incontrôlable.


Je sortis finalement de mes pensées. Je recevais un ami chez moi et je devais faire bonne impression. Sans oublier mon devoir d’hôte, je lui propose d’entrer dans le château. Il semblait heureux par ma proposition et il se laissa guider par mes soins. Je le fis avancer en lui prenant la main. Cependant, je plaçai un doigt sur ma bouche pour lui faire comprendre de ne pas faire de bruit, car le château est endormi étant donné l'heure tardive. Il hocha la tête en signe d'approbation avant d’entreprendre notre route à travers les couloirs.


On se dirigea dans le grand salon où le feu de la cheminée crépitait encore. Un chat y avait trouvé refuge pour dormir. Intrigué par l'animal, mon nouvel ami donna un léger coup de son bâton sur le flanc du félin. Ce dernier se réveilla et prit peur à la vue de Jack Frost. Enfin, je supposais pouvoir l'appeler ainsi. Ce dernier prit peur à son tour. Il recula sur plusieurs mètres, manquant de percuter le sapin de Noël. Je réussissais à le redresser de justesse, évitant la chute qui aurait pu nous faire surprendre.


Jack Frost se retourne alors vers l’arbre qu’il a failli endommager. Il eut un regard illuminé en découvrant toutes les décorations. Chacune d’elles faisait briller le sapin tel de milliers petits étoiles. Il détailla les guirlandes de toutes les couleurs, les boules de Noël, des bougies, sans oublier la grosse étoile qui dominait plus que les autres au sommet du sapin. Je mis fin à cette contemplation en l’invitant à me rejoindre sur l’un des divans au coin du feu de la cheminée.


Cependant, il fut à peine assis que je le vis gigoter. Il tira sur le col de son manteau comme s'il étouffe. Il grimaça, mal à l’aise. Il ne se sentait pas bien. Je retiens un cri de s’échapper de mes lèvres. Je me souvins qu'il est de glace et que cet élément n'aime pas la chaleur. Je l'aidai donc à se relever. Je l'incitai à rejoindre une autre pièce moins chauffée. Il me suivit sans protestation. Au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la chaleur, je vis les gouttes d’eau disparaître sur sa peau.


Je fus soulagée lorsqu’on entra dans les cuisines du château. Je savais qu'on ne croiserait aucun domestique à cette heure. J'allumai quelques bougies pour nous éclairer. Il put alors observer les lieux. Mon ami ne pouvait s'empêcher de toucher un peu à tout. Il semblait tout découvrir pour la première fois.


En voyant certains mets disposer sur la table en bois, soigneusement préparer pour le lendemain, il ne put s'empêcher de prendre un des beignets et de le goûter avec gourmandise. Puis, il ouvra tour à tour les placards admirant la vaisselle en porcelaine. Je me convaincs qu’il serait plus sage de changer de pièce avant qu'il ne casse quelque chose.On monta les grands escaliers à l'étage où se situent les chambres. On entra dans celle de mes parents sans faire de bruit.


Ils dorment à point fermer. J'allai allumer le chandelier sur la coiffeuse de ma mère, puis me retournai vers Jack. Il s'était approché, un peu trop prêt, de mon père endormi. J'écarquillai les yeux et le tirai vers l'arrière afin d'éviter le pire. Il tomba à la renverse en perdant l'équilibre à cause de mon geste qui fut un peu trop brusque. Je ravalai au mieux mon rire qui menaçait d'éclater à tout moment. Il se redressa en se massant les fesses dues à la douleur du choc. Je souriais derrière ma main qui était collée à mes lèvres.


Je lui fis signe de me rejoindre près de la coiffeuse de maman. Il fut interloqué par le nombre de boite et produit en tout genre, qui s'y trouve. Il en ouvrit une et toucha la texture de la crème. Il s'en mit sur le nez. Je me mis à rire en voyant la pointe de crème non étalée sur son nez. Je ne peux pas me retenir de le comparer à un morceau de crème glacé sur un gâteau.


Il l'enleva et referma la boite contenant la crème. Il poursuivit son exploration en prenant un drôle de pinceau, mais il était plus touffu que ceux dont je me servais pour peindre. Il le trempa dans une poudre légèrement rosée. J'ignorai encore ce que c'était. Il s'en mit sur les joues lui donnant un côté plus féminin. Son petit jeu continua de me faire rire. Puis, j'eus une autre idée.


Je m’approche de la penderie de mes parents. J'entrepris de l’ouvrir sans faire grincer le bois. Mon action fit apparaître différent objet et vêtement entreposé à la vue de tous. Il me rejoignit. Il semblait être intrigué par mon geste. Il prit alors un chapeau à ma mère et le mit sur sa tête. Je le fis enlever son manteau pour le remplacer par un autre, plus beau, appartenant à mon père.


Il se contempla dans le miroir en pied situé non loin de là. Jugeant sa tenue inachevée, il empoigna une petite boite forte intéressante sur la coiffeuse. Celle-ci dégageait un sublime parfum lorsqu’on appuyer dessus. Appréciant l'odeur, il s’en aspergea plusieurs fois avant d'être pris d'une forte envie d'éternuer.


Je secoue frénétiquement de la tête, la crainte que son envie réveille mes parents me nouant l’estomac. Mes gestes vont plus vite que mes pensées. Je remis tous les vêtements à leur place et lui enlève le maquillage sur ses joues. Je n'oubliai pas de souffler sur la bougie du chandelier de la coiffeuse avant de le pousser jusqu’à la sortie. Pendant tout ce temps, il se pinça le nez aussi fort que possible. Mais une fois dans le grand couloir, il libéra ce qui lui chatouillait les narines.


Je continue de forcer mon nouvel ami à avancer, en espérant que personne ne viendra inspecter le couloir principal à cause de ce bruit. Par chance, je sais maintenant que j'avais eu plus peur qu'autre chose. Une fois à l'intérieur de ma chambre, Jack continue son exploration. Sa soif de curiosité l’amène jusqu’à un objet rectangulaire sur ma coiffeuse. C'était ma boite à musique, qui s’enclenche au moment où il l’ouvrit.


Il tapa le rythme avec son pied tout en fermant un instant les yeux. Il semblait adorer la mélodie qui lui parvint aux oreilles. Puis, il se tourna vers moi et me tendit la main comme pour m'inviter à danser. D’abord intimider, j’accepte sa proposition en lui prenant sa main. Il me fit tourbillonner en rythme avec la musique. On valsa tant bien que mal malgré nos différences de taille. Je fus soudainement heureuse que mes parents m’aient forcée à suivre cet apprentissage dans ce domaine.


Nos rires se mélangeaient, laissant exploser cet air de liberté et de plaisir partagé. Cependant, toute bonne chose a une fin. Soudainement, je m'emmêlai les pieds et tombai à la renverse. De peur que je me sois fait mal, Jack s’empressa de s'agenouiller à mes côtés. Je lui fis mon plus beau sourire pour lui montrer que tout va bien. N’en attendant pas plus de ma part, l’esprit de l’hiver m'aida à me redresser. Je me redressai sur mes deux jambes avant de le suivre vers la sortie.


De retour dans le couloir principal, je le vis regardais par l'une des grandes fenêtres pendant que je referme la porte de ma chambre derrière moi. Je le rejoins en fronçant les sourcils. J’observe la cour avant du château qui s’étend sous nos yeux. Il a été recouvert d’un manteau blanc, comme beaucoup d’autre espace extérieur. Pourtant, les prunelles de Jack fixent quelque chose en particulier. Je suivais son regard afin de me rendre compte qu’il s’agit des écuries. Puis, je lui pris la main pour l’amener au lieu qu’il souhaite observer de plus près.


Devant les animaux, il fut quelque peu méfiant, mais je réussis à lui en faire caresser un qui semblait plus en confiance. Afin de pousser un peu plus sa curiosité, j’empoigne la longe de son licol. Je réussissais à le faire sortir de son box. Jack se place sur le côté en lui caressant l’encolure. Un sourire nié prit place sur son visage avant qu’il prenne place sur son dos. Puis, il m'aida à en faire de même pour que je m'installe devant lui.


J’empoignai la longe et la place devant nous. Je lui montrai comment faire pour le faire avancer. Mais ses coups de talon furent trop brutaux. L'animal s'emballa et partit au galop. Me rendant compte qu'on le montait à crue, je me cramponne au bras de Jack. J'avais peur de tomber, de faire une mauvaise chute. Lui riait aux éclats sans pouvoir s'arrêter.


Un rire qui finit par me contaminais, une fois que je m'habituais à la vitesse de l'équidé. Le cheval nous dirigea dans les bois. Il sauta à travers les troncs d'arbre étalé au sol et les buissons. On fit peur aux volatiles, lapins, renards et autres animaux malchanceux de croiser notre route. Inconsciemment, notre monture nous ramena aux écuries comme par habitude. Je le remis dans son box.


Cependant, notre escapade laissa Jack songeur. Il fixe l’horizon, bien au-delà du château et d'Arendelle. Pouvions-nous voyager plus loin ? Pourquoi pas jusqu’à la demeure du père Noël ? L’esprit de l’hiver s’enthousiasma. Ses grands gestes m’illustraient un monde qui m’est inconnu. Un peu peureuse, j'hésitai à le suivre. Mais la main qu'il me tendait, ainsi que son sourire chaleureux et enfantin me redonnait confiance.


Après tout, il n'est pas méchant, il ne me fera aucun mal. Puis, il me promit de me ramener avant le lever du soleil, personne ne saura que je suis partie. Je finis par accepter en souriant à mon tour. Il me tira alors vers lui tout en enroulant mes petits bras autour de sa taille. Je ne compris pas tout de suite son geste, mais je sais maintenant que c'était pour ma sécurité.



Un vent froid se leva. Bien que je ne le craigne pas, je resserrai ma prise autour de mon porteur par réflexe. En quelques secondes, je ne sentais plus mes pieds toucher le sol. Je baissai mes yeux vers mes pieds et je compris. J'écarquillai les yeux. On volait quand je vis le château paraître de plus en plus petit.


Accroché à son dos, je penchai ma tête sur le côté afin d'observer les montagnes du nord qui se dressaient devant nous, ainsi que les villages alentour. Je contemplai les bâtiments que mes yeux arrivèrent à distinguer malgré la neige qui continuait de tomber.


Quelques groupes d'oiseaux venaient à notre rencontre alors qu'on était plus proche des nuages. Les villes qui se succédaient devant mes yeux ne se ressemblent pas et certaines me sont inconnues. Toutes ont un point commun, la neige les recouvre. Puis, nous rejoignîmes l'immensité de l'océan. Une eau glaçait qui s'étend à perte de vue.


Étant assez proche des vagues, j'avais réussi à distinguer des dauphins. Ces derniers nous accompagnaient dans notre route comme ils ont l'habitude de le faire avec les voiliers. Puis, on prit de l'altitude. Je fis un signe de la main à ses animaux marins que j'eus la chance d'apercevoir. Puis, des mouettes nous suivîmes à leur tour jusqu'à ce qu'elles ressentent trop le froid.


En effet, on approchait du pôle Nord. On traversa un nouveau continent, zigzagant à travers les montagnes enneigées. Je vis quelques villages éparpillés dans les plaines avoisinantes. J'espérai au fond de moi que personne ne nous voyait. Mais aucune lumière ne se dégageait des habitations ce qui me rassura un peu.


Les flocons de neige se balayaient sur mon visage et mes cheveux blonds. Je fermai mes yeux quelques secondes afin d'inspirer profondément l'air froid de l'hiver. Cette saison si appréciable à mes yeux. J'appréciai cet air frais laissant voltiger les mèches de mes cheveux en redressant ma tête. Puis, je finis par reprendre ma position initiale, allonger sur son dos. Mes mains serraient toujours autour de sa taille. Je savais qu'il observait les mêmes choses que moi, appréciant notre voyage aérien.


On reprit de l'altitude alors que les glaciers se dessinaient à l'horizon. On pourrait les confondre avec des montagnes. Pourtant, ce n'était que des icebergs, tous de taille différente. La mer du pôle faisait frapper ses vagues contre ces immenses blocs de glace comme elle le faisait sur des falaises d'autre continent.


Je fus surprise de découvrir une grande queue de poisson sortir de l'eau et taper bruyamment la surface, provoquant quelques vagues. C'était une baleine. Cet immense mammifère marin qui semblait régner quelque peu sur les mers froides de ce continent inhabité. On descendit pour s'approcher de l'eau foncée par la nuit étoilée.

 

La baleine avait bien failli nous mouiller. Elle était venue prendre sa respiration juste en dessous de nous, faisant jaillir l'humidité de son évent dorsale. Je me souviens qu'on s'était alors regardé en rigolant. J'avais pu aussi apercevoir des pingouins sur leur banquise. Certains avaient été tellement surpris de nous voir qu'ils se sont percutés violemment. Je n'avais pas pu me retenir de rire devant ses animaux rigolos.


Ce qui a le plus marqué mon esprit était toutes ses couleurs de l'arc-en-ciel qui s'illumine et ondule dans le ciel juste devant nous. C'était magnifique, presque magique. J'avais appris bien plus tard qu'on appelait ce phénomène, les Aurores boréales. Ma tête se redressa pour contempler ce spectacle qui m'était offert. Mes yeux brillaient et mon sourire s'étirait malgré moi sur mes lèvres.


--- Fin de la musique ---


Je conclus que le voyage fut terminé quand mon ami me posa à terre sur la neige encore fraîche. On était devant l'entrée d'une forêt. Peureuse, je le laissai me guider à travers les arbres. Quelle ne fut pas ma surprise quand je fus arrivé dans la clairière ! C'était tout un village qui était animé par de petits êtres avec des oreilles pointues. Ils étaient tous habillés de rouge et de vert. Un bonnet pointu couvrant leur crâne. Ils étaient réunis autour de quelqu'un. Ils nous laissèrent le passage en nous souriant. Je n'avais pas lâché la main de Jack qu'il m'avait si gentiment donné pour me guider, encore la peur présente dans un coin de mon esprit. Il resta près de moi pour me rassurer comme le ferait un grand frère avec sa petite sœur.


Une fois arrivé au centre, je reconnus un vieux monsieur à la longue barbe blanche, habillais de rouge. Je ne pus que le reconnaître. C'était le père Noël, en personne ! Il me souriait chaleureusement et me prit dans ses bras en guise de salutation. Je reste stoïque un instant, surprise par cette pratique dont je n’avais pas l’habitude. En effet, mes pouvoirs me refusaient beaucoup de contact physique avec mes proches.


Cependant, le vieil homme ne s’était pas offusqué de ma froideur. Mes iris d’enfant laissaient tout de même transparaître ma joie de le rencontrer. Gentiment, il m’entraîna à travers les couloirs du village et de son atelier. Mes yeux d'enfant s'émerveillaient au fur et à mesure de mes découvertes. Jack était toujours là près de moi, comme fidèle à sa créatrice.


La dernière chose que le père Noël me montra fut la grange où ses rennes et son traîneau étaient entreposés. Son attelage était prêt pour son départ en tournée dans quelques minutes. Je caressai les bêtes, puis je me retournai vers le père Noël qui me tendait un paquet bleu étiqueter à mon nom.


Heureuse de recevoir mon cadeau en avance, je le déballai en toute hâte. Je souriais en découvrant une écharpe magnifiquement travaillée. Elle était tout en bleu comme la glace. Des flocons de neige étaient brodés dessus avec du fil argenté. Je l'enfilai tout de suite autour de mon cou, contente de mon nouveau vêtement. Je dépose une bise sur la joue du vieil homme en guise de remerciement.


Le père Noël m’adresse un autre sourire enjoué, avant de se retourner vers Jack. Il lui adresse un signe. Je le traduis tristement qu’il est temps de partir. Ça plus longue journée de travail va commencer, allant de foyer en foyer. L’esprit de l’hiver comprit. Il salue son ami avant de me laisser une dernière fois accepter le câlin du père Noël. Je me retournai vers Jack, peiner que ma visite se termine aussi rapidement. Cependant, d’autres cadeaux m’attendront au pied du sapin et un bon repas. Bien que je ne puisse plus approcher Anna, je reste enjoué le 25 décembre.

 

Plus motivée que jamais, je me décidai à enrouler mes bras autour de la taille de mon transporteur. Puis, il prit son envol. Je me laissai moins surprendre au décollage que lors de sa première tentative. Quelques minutes plus tard, je reconnus le village et le château d'Arendelle qui se dressait fièrement devant nous. Il me posa dans la cour arrière du palais, à l'endroit où je l'avais fabriqué. Il me raccompagna gentiment jusqu'à la porte en bois. Je savais qu'il était temps de nous dire au revoir, alors je lui serrai la main, le laissant retourner à sa place.

 

Sur le chemin vers la porte, je me sentis triste. Je m'étais attachée à mon nouvel ami. Je me retournai vers lui et il me faisait signe en souriant légèrement. Je sentis un fort élan de peine me submerger dans mon petit cœur de glace. Je fis demi-tour et courus vers lui pour le prendre dans mes bras. Mes petits bras entourant sa taille. Il me serra contre lui avec toute l'amitié, la chaleur et la fraternité qu'il pouvait me donner. Il me caressa mes cheveux blond-platine avec sa paume de main.


Au bout de quelques secondes, je finis par me défaire de son étreinte, bien que je n'en eus pas l'envie. Il me fit un dernier signe de la main avant que je ferme la porte derrière moi. De ma chambre, je vis qu'il avait repris sa place d'origine. J'enlevai mes bottes, ma robe de chambre, ainsi que ma nouvelle écharpe. Je me glissai dans mes couvertures et la tête pleine de rêve et de mes aventures, je trouvai vite le sommeil. Avec l’intime conviction de les poursuivre le lendemain.


 

Au petit matin, je fus réveillé par les premiers rayons du soleil, déjà tout excité de retrouver mon ami. J'enfilai en vitesse ma robe de chambre sans me préoccuper du personnel à leur poste de travail, et de mes parents que je viens de croiser. Je devinai leur regard surpris. J'ouvris la porte en bois alors que je les entendais déjà au loin me réprimander et m'avertir de ne pas sortir. Cependant, je ne les écoutais pas, du moins, je ne les écoutais plus.

 

J'étais trop préoccupé par ce qu'il se déroulait sous mes yeux. Ou plutôt ce qu'il ne s'y déroulait pas. Une fois, mes yeux habituaient à la lumière du soleil, j'accourus là où devrait se trouver ma statue de glace. Cependant, mon regard triste trahit mes émotions. Il n'était plus là, comme envolée dans la nature.


Il ne restait que le vieux manteau marron couvert de givre sur un tas de neige à son emplacement. Je ne pus réprimer mes larmes, pendant plusieurs jours entiers après ces événements. Je savais que personne ne me croirait si je leur racontais. Personne ne pouvait comprendre mon histoire. Alors j'avais tout simplement pris la décision de la garder pour moi.


Je soupire un grand coup en me sortant de mes vieux souvenirs. Assise à mon bureau de travail, 15 ans plus tard. Je me lève de mon siège où j'y étais assise beaucoup trop longtemps à mon goût. Être reine n'est pas de tout repos. Je me dirige vers un vieux coffre poussiéreux que je sors du fond d'une de mes armoires.


J'en sors la seule preuve me prouvant que je n'ai pas rêvé : l'écharpe que m'a offerte le père Noël. Je me dirige vers la fenêtre tout en la fixant, ses fils bleu et argenté, toujours intacts malgré les années. Je soupire à nouveau en parcourant l'extérieur de mon regard bleuté, tout en caressant du bout des doigts le vêtement chaud dans mes mains. Au fond de moi, je suis sûr qu'il est toujours là, quelque part, à veiller sur l'hiver. Même si je ne peux put le voir, je me souviens de son nom, Jack Frost.

 

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